Archives mensuelles : août 2014

Accueillir tout le monde dans la transition

Ces considérations sont en grande partie issues de l’atelier « inclusion pour la journée de la Transition » pendant les rencontres du Collectif pour une Transition Citoyenne, à Vaulx-en-Velin le 11 juillet, et du petit groupe qui a rêvé  le lendemain à plus long terme (en bas de page).

Questionnements
L’inclusion, ça résume la transition : qui inclut qui ?
Inclure dans quel objectif ? Bien se mettre d’accord.
Comment donner envie de nous rejoindre ? Comment faire pour que beaucoup de gens se disent « c’est pour moi » ?

Réponses
Nous souhaitons que tout le monde soit accueilli, bienvenu et participatif, côte à côte, dans l’ouverture et l’écoute :

– associer le plus tôt possible les partenaires volontaires aussi divers que possible (collectifs et individuels)
– favoriser la mixité sociale donc inviter des gens non alternatifs, soit qu’on les connaisse personnellement, soit grâce à des partenariats (centre social, SEL, Secours Catholique, Secours Populaire, association de cyclotourisme, de quartier, slam, hip hop, batucada, etc.)
– accueillir ces partenaires et participants avec tout ce qu’ils peuvent apporter, sans leur proposer quelque chose de ficelé, et prendre le temps de bien faire connaissance entre différentes associations, générations, etc. lors d’un temps de travail (manuel et cérébral) convivial

Entre structures membres du collectif  et non membres : 
Nous avons des cultures différentes, commençons par lâcher ce qui nous sépare, nous sommes des individus, il y a beaucoup de diversité dans chaque structure

Comment ? Idées, idéaux, idées Oh

Bien annoncer « ouvert à tous », avec une tonalité de fête, et (mini)ateliers intergénérationnels pour faire ensemble, échanger des savoir faire, devenir plus autonomes…

Préparation par plusieurs associations, entreprises, groupes, personnes… :
– déterminer le fil conducteur qui concerne le plus grand nombre et va motiver le public, quelque chose de concret ! et construire le projet ensemble dès la base
– préparer l’événement avec des membres de 3 générations si possible (familles…) et globalement, avec un groupe riche en diversité sociale, culturelle, économique, générationnelle, etc.
– commencer par dire les richesses et trésors qu’on apporte comme chaque structure membre l’a fait au début du collectif
– un temps d’intégration conviviale avec toutes les associations, quelques semaines avant (contacter Territoires en Lien, Essonne, qui l’a fait pendant toute une journée, « on a fait du découpage de badges à partir de récup pendant qu’on discutait et ce travail manuel nous a reliés »)
Loire en Transition : 4 soirées pour préparer un forum ouvert « quartiers en mouvement et territoires en transition », les membres des associations organisatrices pourront venir aux 4 ou moins. Diffusion de la liste approchant la trentaine d’associations organisatrices pour que des gens s’y reconnaissent.

Pendant la journée

– Expression artistique, culturelle, créative : slam, hip hop, etc.
Musique, chansons dans le thème de la transition (faire chanter…)
– Utiliser des techniques participatives, ludiques, brèves, propices à interpeller les passants (jeux très courts…)
– par exemple l’animation « Porteurs de parole » : sur la voie publique, on interpelle avec une question qui parle à tous, on aide à formuler une réponse synthétique et on l’affiche, écrit en grand sur un écriteau rigide, accroché à une corde à linge (méthode inventée par « Matières Prises » à Tours)
théâtre-forum avec sketch qui se passe dans l’après-pétrole (très court, objectifs réalistes, pour gens de passage, en tenant compte de la difficulté à se projeter dans l’avenir) : Territoires en Lien l’envisage

Mayenne : ateliers, jeux, informations et rencontres pour rendre visible la transition surtout avec le cœur et les mains (liens et savoir faire partagés), retrouver ensemble de la dignité, du pouvoir de faire et d’agir, prendre soin de notre environnement et de notre bien-être (atelier plantes bienfaitrices)… Les ateliers sont intergénérationnels pour que les familles s’attardent. Exemples :

  • recyclage ;
  • produits d’entretien, d’hygiène et cosmétiques naturels pour 3 sous
  • utiliser des plantes pour le bien-être
  • alimentation saine, facile, pas chère
  • habitat – rêver l’habitat solidaire de demain
  • instruments de musique à partir de plantes ou d’escargots

– Gironde en Transition – jeu de la transition pour 1/4h par petit groupe – vigilance, que ça ne soit pas donneur de leçon (et encore moins culpabilisateur)
– termes imagés : espaces thématiques nommés cuisine, jardin, cocon, hamac, etc.
– « Dress Code » ? (les organisateurs et animateurs habillés de façon reconnaissable, soit d’une ou plusieurs couleurs, soit être habillés de sacs ou autres plastiques et les enlever peu à peu…)
– Parking Day ? On utilise l’espace d’un parking sans voiture ce jour-là.
– Gratiféria, c’est-à-dire espace de gratuité : don, échange… bien choisir l’appellation, par exemple « Orléans gratuit ». Le groupe Colibris Laval-Château-Gontier l’envisage à l’Huisserie le 27 septembre.
– offrir des graines (petites enveloppes), des boutures, des plantes… cf. « Incroyables comestibles » (nourriture à partager, gratuite, issue de jardins collectifs ou individuels)
– ateliers intergénérationnels pour que les familles passent du temps

Techniquement, prévoir…
– micro, affichettes, personnes… pour faire la promotion des ateliers avant pendant après
– des temps courts et répétés pour que les gens puissent faire plusieurs activités à la suite
– des choses et des activités pour attirer l’œil de façon sympathique, par exemple un hamac, des parasols colorés, un magnifique panier de légume, des objets incongrus, des femmes et des hommes en train de tricoter, quelqu’un en train de sculpter des légumes, des gens en train de préparer une disco-soupe (jus et soupes à partir de légumes et fruits récupérés qui allaient être jetés), etc.
– recueillir des témoignages des participants, ou les interpeller gentiment, et si les personnes qui vont à leur rencontre en ont envie, elles peuvent mettre un nez rouge et / ou un autre attribut, de clown ou autre (grand chapeau…), de façon à donner le ton, et à montrer qu’elles n’ont rien à vendre
– demander aux participants d’amener des copains la prochaine fois !

Et le rêve… oser affronter les relations humaines pour vraiment préparer un avenir solidaire

En 2025 on ne vit plus sur l’exploitation des autres (ni ici ni au niveau mondial). On a favorisé les productions locales, une cuisine simple et de saison, des déplacements doux, tout cela est devenu des réflexes.
Nous sommes dans la conscience d’abondance. Tout part de nos besoins réels, physiologiques, affectifs et sociaux.

Entre 2014 et 2015
C’est une réelle prise de conscience qui nous a permis de rééquilibrer, consommer moins, faire ce passage sereinement. On s’est sortis d’un formatage, de la vision inculquée par l’entourage depuis qu’on est tout petits.
On a pris conscience à quel point on était influençables, et qu’on s’identifiait malgré nous à des schémas imposés par la pub. Ces prises de conscience personnelles ont été fortes grâce à un environnement favorable.
Avec des questionnements forts pour en sortir et des démarches individuelles pas faciles.

2014
Pour accueillir les personnes exclues de leur pays ou de leur milieu, qu’est-ce qu’on fait dans un collectif de transition ? Nous pouvons inviter toutes les personnes à se questionner avec nous sur leurs pratiques et les nôtres,  et nous interroger sur notre désir d’accélérer ; dénoncer les fortes pressions sur les salariés et la charge de travail de plus en plus monumentale (une des conséquences : ils ne peuvent pas venir chercher leur panier d’Amap car ils finissent tard).
Des personnes qui sont ici [aux rencontres du CTC] ont changé de mode de vie.

Des envies et des moyens pour les réaliser.
Par exemple, le processus de réécriture de la charte de notre réseau MIR-Amap a été très participatif, avec une centaine de personnes fin 2013 (2 jours de travail) et beaucoup de désaccords. Nécessité d’écoute pour cette intelligence collective. Ça a été possible grâce à l’écoute effective, à l’envie partagée et aux moyens, surtout humains : des animateurs investis à fond avec de réelles compétences professionnelles. C’est très lié aux qualités humaines très fortes. Les SCOP d’éducation populaire, et d’autres, font du travail intéressant.
Autre exemple : à la fête de quartier, Artisans du Monde vend du café. Le commerce équitable n’est pas que pour les élites. S’accepter différents.

Action, humilité, écoute, dignité
Nous souhaitons agir dans plein d’endroits, amplifier progressivement, former des groupes propices au brassage et au partage de talents, pour ensemble retrouver plus de dignité et d’humilité.
Partager notre quotidien, échanger nos astuces, notre capacité à réparer, transformer, bricoler, jardiner, coudre, etc.
Oser avouer les préjugés qu’on a les uns sur les autres, accepter les convictions des autres, qui nous remettent en cause (le manque de compréhension à cause des a priori est fréquent).. Écouter, regarder le chemin des autres et accepter qu’on n’a pas tous les mêmes priorités. Aller vers des populations qui sont dans la survie ou le paraître. On ne conçoit pas de la même manière l’essentiel et la nécessité.

Mieux vivre, aujourd’hui et demain, solidaires
Ne pas partir du principe qu’on a raison ni vouloir emmener les autres dans notre transition.  C’est notre société qui est malade, comment faire la transition vers une meilleure santé de la société, des personnes et de la Terre ?

Des laboratoires de la transition

Osons être le fer de lance. Engageons des projets locaux pilotes (et repérons des projets existants) qui font avancer le « bien vivre ensemble » pour donner une autre dimension à la transition, mondiale et sociale, dans le respect de tout le vivant.
Emparons-nous enfin de ce PFH, p… de facteur humain, puissant, précieux facteur humain… Maintenant qu’on a reconnu qu’il est déterminant dans la réussite de nos projets, et donc de la transition, prenons-le à bras le corps et expérimentons avec les techniques et méthodes qui existent pour en faire le précieux facteur humain. Avec un cadre de fonctionnement précis, dans une démarche de progrès.
Valeurs et principes sur lesquels on propose de s’appuyer : favoriser l’intelligence collective, l’écoute… dans un processus évolutif.
(Co-créateurs ensemble)

Concrètement, mettre en place de petits projets ensemble
Un groupe pilote, avant coureur, expérimental, sur le vivre ensemble – sans imposer la transition telle que nous la voyons et la pratiquons en tant qu’alternatifs plus ou moins nantis, dans le monde occidental nanti. En étant très vigilants quant à une dérive élitiste.
Arriver à valoriser la résilience (la capacité à s’adapter, à rebondir en cas de choc ou crise), les savoir faire et les astuces des gens qui subissent ou ont subi la sobriété (pas heureuse). Viser l’ouverture à des partenaires divers et variés, ATD Quart-Monde ou autres, qui ont déjà des acquis dans la « gestion » des situations de sobriété imposée.
Exemple : femmes d’ici et d’ailleurs.

La transition c’est du lien !

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